La solitude me plonge la tête dans les raisons de la colère, jusqu'à ce que le vain tourne au vinaigre. L'ascèse contrainte rend mes paroles acétiques. A quoi bon être une fontaine de bons mots si nul ne vient boire mon onde ?
Je me sens aussi positif qu'un anion sans cation, sans réaction enchainé dans des liens imaginaires. Comme mon coeur encagé qui boit inlassablement un vin au gout de fer, qui palpite, palpite pour le Monde, mais le Monde tourne tourne aveuglé par l'ivresse. De ma tour d'ivoire, je t'observe enviant chaque main tenue, chaque épaule blottie, guettant seul dans la foule l'aumone regard que tu voudras bien donner. A quoi bon crier j'existe si nul n'entends ?
Alors je m'endors, trompant le temps en attendant l'hiver. Si tu panses, je te suis...
décembre 2009 © Nimajeis