Et la Ville a grandi, ô la Ville est immonde !
On ne peut en sortir sans partir de ce monde.
Les varices noircies du traffic névrosé
Alourdissent l'humeur du pauvre air nécrosé
Et le jour se retire, et son sang bleu s'écoule
Hors de ces rues du soir où s'efface la foule.
Un citadin circule les sens esseulés
Il est trop tôt encore pour des plaisirs volés.
Les candélabres chassent par luminosité
La ténêbre qui prend la royale (complexe) Cité.
Mais la lueur malade de ces pauvres veilleurs
Ne fait que révéler l'arrivée des pêcheurs.
Le négrier met bas ; de son ventre gonflé
Débarquent les esclaves de paradis factices
Avec leur peau marbré et leurs lèvres enflées
Venues boire ici bas géhenne (l'enfer) jusqu'à la lice.
Les habitants acclament le cortège des mille,
Ils accouchent en criant "regardez c'est la Ville !"
2007 © Nimajeis