Romance à ma Rose
Mon sentiment s'élève haut tel un temple d'or
Où je viens t'adorer et veiller sur ton être.
Je ferais de ma vie une armure pour ton corps
Ma douce divinité que l'Amour a vu naître
Ton sourire enlumine d'or les plafonds gravés
Du nom d'Eternels Amants; du saint Océan
Qui auréole tes yeux je me sens comme lavé.
Tu es en ma demeure Rose reine de céans.
De tes lèvres carminées je boirai le calice
Respirant ton parfum enivrant tel l'encens
De mes sacres je couronnerai tes délices
Partageant sur ton corps mon doux manteau de sang.
Ta gorge est un psautier où je voudrais tant lire
L'oraison de ma funèbre et sombre vie chaste.
Je me soumet à l'ordalie de tes désirs,
Espérant fouler un jour tes paradis vastes.
Dédié à un amour impossible à la peau blanche et aux cheveux roux.
J'ai aimé jouer sur les champs lexicaux du sacré avec des jeux de mots comme haut tel / autel, calice qui désigne une partie de la fleur ou une coupe sacrée. L'ordalie est un jugement divin utilisé dans les duels au Moyen-âge. Ce texte évoque l'amour courtois : la Rose est la femme aimée. On la courtise, la loue, mais on ne touche pas. Les Éternels Amants sont des figures mythiques de la cosmogonie de la Danse des masques. Je développerai cela plus tard.