En pensant à Monet, j'évoque un jour ancien,
Le Printemps déroulait son tapis de couleurs.
Mais un champ restait vide et il n'y poussait rien
D'autre qu'un chiendent résistant comme un malheur.
Des marcheurs passionnés parlent autour du lopin
Les sens impressionnés d'odeurs et de gaieté.
Rouges coquelicots et centaurées bleutées
Pousseront désormais l'herbe folle du terrain.
Un domaine stérile & âcre, par ses retouches
Le peintre anime; les couleurs s'écoulent en rigoles
Effaçant les ornières d'une voluptueuse couche.
Dieu qui peint sur nos toiles entachées, tu cajoles
L'âme de nos arpents à l'aide de tes Promeneurs.
Passants ou bien amis louons le Créateur !
Un peu comme un haïku (mais en beaucoup plus long...), ce sonnet décrit une impression eue lors d'une promenade printanière aux parc Méric, sur les rives du Lez à Montpellier.
Il y a dans ce parc un grand terrain d'herbes sèches et clairsemées, qui se métamorphose au printemps en explosion de couleurs. Voici une photo qui en dit plus long que les mots (mes amies ne gâchent pas le paysage ^^).

Cette partie du parc me fait penser au tableau Champ de coquelicot près de Vétheuil de Claude Monet. Ce lieu fût une source d'inspiration pour plusieurs tableaux de Frédéric Bazille, autre impressionniste.
La référence au Créateur vient d'une phrase de la chanson Cézanne peint de Michel Berger. J'ai des frissons lorsque je l'entends :
" Et voilà l'homme
Qui croise avec ses yeux
Le temps d'un éclair
Le regard des dieux"
"les Promeneurs" sont un clin d'oeil à l'œuvre de Monet du même nom.
Ici ce sont les couleurs et les fleurs qui dansent et non les masques. Je m'identifie à ce terrain. Le Créateur, qu'il soit Dieu, artiste, ami ou simple rencontre, m'aide à m'épanouir. Cela est, je l'espère, le cas du lecteur.