Une grande bâtisse au coeur de plomb,
Des interstices où coule trop long
Le temps sur les murs gris de pierre
Qu'on croyait solides sous le lierre.
La verdure cachait la langueur
Sous son gai masque de couleur.
Dans la maison les salles sont sombres.
Elles rappellent les passages du nombre
"Ils donnaient vie à nos décombres,
Le vent a soufflé les bougies,
La lumière lentement s'enfuit."
Les souvenirs ne nourrissent plus
Les journées sans fin d'un reclus
En des cloisons sclérosées. Les veines,
Les minutes-sangsues les drainent...
Puis arrive Morne en souverain,
Profanateur de nos jardins,
Ses mains démolissent Demain. (ce vers est temporaire)
Si le silence valait de l'or,
En ces murs il porte la mort.
La Ruine doucement s'endort.
2001/février 2008 - ©Nimajeis
Ce texte écrit en 2001 a trouvé sa forme définitive après la création début 2008 de Morne, masque décrit dans un poème qui sera publié ultérieurement. Certains vers sont inspirés de l'Horloge de Baudelaire. En le lisant, songez à un paysage de Friedrich, ou une gravure de Trignac (voir Inclusions).